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SCÈNE
PREMIÈRE.
HÉGÉSIPPE,
ARSÈNE.
ARSÈNE.
Ce
matin, je ne sais, en ouvrant ma fenêtre,
Un
parfum de printemps qui s’apprête à renaître,
M’embauma.
— Des oiseaux, voletant alentour,
Répétaient
leurs fredons, prophètes d’un beau jour ;
Et
le ciel chatoyait au-dessus de ma tête,
Et
se tendait d’azur comme pour une fête,
Et
mon âme chantait. — Dieu ne m’a pas menti,
Il
me vient ce bonheur qui s’appelle un ami.
HÉGÉSIPPE
Arsène !
ARSÈNE.
C’est
si doux, lorsqu’on a dans la vie
Déjà
trempé sa lèvre à la coupe de lie,
Qu’on
a fait quelques pas dans ce rude chemin,
Qu’on
s’est bronzé le cœur, — qu’on s’est durci la main ;
Qu’on
a presque effeuillé son trésor de croyance,
De
foi naïve et pure, et sa part d’espérance ;
C’est
si doux, mon ami, — tu le verras plus tard, —
De
jeter un coup d’œil sur son point de départ,
De
feuilleter à deux ses premières années
Avec
leurs beaux élans et leurs folles pensées ;
De
se refaire heureux, et de se rajeunir
Au
contact d’un ami qui vous fait souvenir !
—
Dis, te rappelles-tu ces belles
promenades
Que
préféraient parfois nos cartons camarades
Aux
leçons de l’école et du vieux professeur,
Quand
le soleil riait d’un rire tentateur ?
Le
bois où nous allions, déchirant nos chemises,
Dénicher
les oiseaux et cueillir les merises ?
Ces
blés où nous courions, baignant nos fronts rosés
Dans
l’or déjà bruni des épis haut montés,
Et
surtout ce ruisseau qu’on nommait…
HÉGÉSIPPE.
La
Voulzie ?
Oh !
ne m’en parle pas ! C’est toute une élégie :
Le
bois est abattu, notre vieux maître est mort ;
Tout
cela l’an passé. — L’industrie et la mort
Dans
notre verte idylle ont fait des coupes sombres.
—
Depuis ces jours heureux, enfuis comme
des ombres,
Ami,
j’ai bien souffert. — Tu me connais, tu sais
Mon
cœur. Quand tu jouais, souvent, moi, je rêvais.
À
voir dans le ciel bleu resplendir des nuées,
Il
me montait un chœur de confuses idées.
La
campagne pour moi parlait de mille voix ;
Pour
moi l’eau murmurait et bruissait le bois ;
À
tout ce que j’aimais je prêtais une vie :
J’écoutais
quelquefois des chants dans la prairie,
Et
même bien souvent, le soir d’une moisson,
Il
me semblait, — c’était comme une vision, —
Entendre
s’élever des pleurs du fond des herbes,
Et
comme des sanglots ondoyer dans les gerbes.
Que
de fois, dans l’été, j’ai déserté mon
lit
Pour
courir dans les prés, pour courir dans la nuit !
La
lune, au haut du ciel, scintillait endormie,
Berçant
de feux d’argent la nature attiédie ;
Les
oiseaux se taisaient sous les rameaux dormeurs,
Et
l’air, Arsène, était tout rempli de senteurs !
Tout
n’était que repos, que calme et qu’innocence,
Et
mon cœur altéré buvait à ce silence !
Puis,
quand tout s’éveillait aux baisers du soleil,
Mon
Dieu ! quel magnifique, immense et beau réveil !
Oh !
je sentais alors comme un baiser de flamme
Qui
m’effleurait le front et me fécondait l’âme.
Tu
riais, tu courais, et moi, pieusement
Absorbé
dans ma joie et mon recueillement,
Je
priais, à genoux, sur la nature en fête,
Et
j’applaudissais Dieu ! — J’étais déjà
poëte.
ARSÈNE.
C’est
vrai ; — tu nous quittais sur le bord d’un ruisseau
Pour
égrener ton pain à quelque pauvre oiseau ;
Ou
bien, comme assoupi le long de nos vieux saules
Dont
les rameaux flottants te baignaient les épaules,
Laissant
tes deux pieds nus au fil de l’eau couler,
Et
l’oreille en avant tu semblais écouter.
HÉGÉSIPPE.
Oui,
j’écoutais dans l’eau, sais-tu quoi ? Le mot gloire !
Chaque
flot en passant me murmurait : Victoire !
Et
je croyais entendre un peuple autour de moi
Qui
me battait des mains, et me nommait son roi !
Et
le ruisseau, chantant de sa voix sibylline,
Toujours
me répétait sa promesse argentine !...
Je
sentais en moi-même un flux d’ambition,
Mon
cœur battait aux champs, j’avais la fièvre au front ;
Dans
le rayonnement d’une aube d’espérance,
L’avenir
devant moi s’élargissait immense !
…..
Et je suis à Paris, laissant aller ma main
Dans
la main d’un ami, d’un frère.
ARSÈNE.
Pour
combien
As-tu
quitté Provins ?
HÉGÉSIPPE.
Pour
toujours : je m’exile
Des
lieux que j’aimais tant. Je quitte cette ville
Où
mon ciel morne et triste, un vrai ciel d’orphelin,
S’étoila
d’un beau jour, un jour sans lendemain !
ARSÈNE.
Qui
te chasse ?
HÉGÉSIPPE.
Une
tombe et mes vingt ans ; deux choses !
Aux
murs peuplés d’histoire, aux prés peuplés de
roses,
J’ai
dit un éternel, un déchirant adieu,
Et
puis, je suis parti, pleurant et priant Dieu,
N’ayant
pour tout trésor que des rimes en tête,
Et,
dans ce grand Paris, je viens être poëte !
ARSÈNE,
secouant la tête.
Poëte !...
Paris !
Il
fait fredonner au piano les premiers accords de :
O
di tanti di palpiti.
Lyre
exilée au désert ;
Triste
nid de fumier où l’aiglon manque d’air ;
Cage
qui du génie étrangle la volée ;
Babylone
où l’on sent avorter son idée ;
Sable
qui tait la faim ; — sable qui boit les pleurs ;
Et
n’a qu’une oasis : la mort ! pour les douleurs ;
Cirque
immense, rempli de martyrs et d’athlètes
Se
couronnant de fleurs pour leurs suprêmes fêtes ;
Cité
sans cœur, du pied dansant sur des tombeaux ;
Des
mourants sans amis, — des râles sans échos ;
Lazares
s’émiettant les miettes de l’orgie ;
Chants
et larmes, le bal voisinant l’agonie ;
Hic-jacets
effacés, — mères en habits noirs
Pleurant
leurs beaux enfants, pleurant leurs beaux espoirs ;
Hommes-vieillards,
sortant par chacune des portes,
Pour
enterrer ailleurs leurs illusions mortes ;
Vaisseaux
tout pleins de fleurs qui se croyaient au port,
Et
qui s’en sont allés aborder à la mort ;
Matelots
qui chantaient sur le bord du naufrage,
Avenirs
engloutis sans laisser de sillage !
HÉGÉSIPPE.
N’est-ce
pas ? c’est d’un fou ; c’est un rêve insensé,
Si
tu veux, je sais bien ; mais je me sens poussé,
Arsène.
Est-ce un bon ange ? est-ce un mauvais génie ?
Est-ce
un appel fatal ? — est-ce une voix amie,
Cette
voix qui m’entoure et m’assiège et m’étreint,
Séchant
mes pleurs d’hier en me disant : Demain ?
Qu’importe !
je suis jeune !
ARSÈNE.
Ô
mon ami, mon frère !
Il
en est temps encore. Écoute ma prière :
Ne
reste pas ici, ne reste pas, va-t’en !
Oui,
retourne à Provins. — Oh ! crois-moi, mon enfant,
Écoute-moi
du moins. — Je sais, je t’importune. —
Avec
du cœur ici l’on ne fait pas fortune.
Ce
rêve, où tout est beau, moi j’ai passé par là ;
On
se dit confiant : Je le veux, ce sera !
La
fortune d’abord vous sourit, tout prospère ;
L’horizon
est si gai qu’on croit et qu’on espère ;
On
frappe à tous les cœurs, on jette à tous les vents
Les
parfums de son âme et l’écho de ses chants !
Et
puis voilà qu’un jour, un jour on se réveille
Sans
la gaieté d’hier, sans le pain de la veille !
Le
désenchantement a fait chuter l’espoir :
On
était à l’aurore, et c’est déjà le
soir !
Et
pourtant Hégésippe, il faut nourrir sa vie,
Il
faut s’alimenter et vivre d’industrie.
Dans
cette lutte ignoble avec la pauvreté,
Si
vous avez encore un peu de feu sacré ;
Si
vous, qui du besoin endossez la livrée,
Vous
restez un poëte, une tête inspirée,
Ami,
songe à cela ! — Sentir qu’on porte en soi
Quelque
chose de Dieu dans un cerveau de roi,
Et
n’avoir pas de pain, et mourir d’indigence !
—
Ce que je te dis là, c’est de
l’expérience.
À
la misère, hélas ! il faut de durs amants :
C’est
une maigre épouse aux longs bras grelottants,
Qui
vous prend la jeunesse et l’étend sur sa couche,
Et
là, d’un froid baiser se collant à sa bouche,
La
dessèche et la tue à son souffle glacé !
HÉGÉSIPPE.
Mais
sa dot, quelquefois, c’est l’immortalité !
Qu’elle
vienne, j’attends. Sous une faible écorce,
J’ai
de la volonté, c’est plus que de la force.
Le
vent de la tempête assaillira mon front,
Mes
espoirs un à un se déracineront ;
De
mes rêves chéris je verrai la ruine,
À
mon foyer sans feu s’asseoira la famine,
Que
je n’irai jamais, ainsi qu’un renégat,
Abdiquer
de mon luth le saint apostolat ;
Et,
sans cri ni fureur, je saurai dans ma lyre
Me
tailler un bâton pour marcher au martyre !
ARSÈNE.
Dans
la grande cité, pas de fleurs, pas de prés,
Rien
qu’un panorama de grands murs enfumés.
Pour
te refaire bon, pour apaiser ton âme,
Tu
n’auras plus des champs le céleste dictame !
Plus
rien pour t’inspirer, plus le chant des oiseaux,
Plus
les chansons du soir, plus le bruit des ruisseaux,
Plus
ce soleil ardent, divin foyer de vie,
Du
feu de ses rayons brûlant ta poésie !
—
Ami, tu t’aigriras, tu deviendras
méchant ;
Toi,
si bon, tu n’auras bientôt plus rien d’aimant ;
Puis,
à bout d’agonie et d’atroce souffrance,
Éperdu
de misère et de désespérance,
Tu
viendras demander un jour ta route à Dieu,
Et
la fatalité te criera : Hôtel-Dieu !
HÉGÉSIPPE.
Arsène,
ce n’est pas une de ces idées
Qui
retombent soudain, soudainement germées.
Non,
c’est un vœu sacré, c’est une ambition
De
ne plus me sentir monter le rouge au front.
—
C’est vrai, tu ne peux pas me
comprendre, mon frère.
—
Eh bien ! puisqu’il le faut,
c’est un triste mystère :
Tu
me crois orphelin ? Oh ! je suis né plus bas ;
Tu
me crois des parents obscurs ? Je n’en ai pas.
Je
naquis anonyme, et ma naissance amère
Fut
une honte, hélas ! que déserta ma mère !
Je
ne m’appelle pas. C’est un horrible enfer !
Signer,
c’est usurper, c’est mentir, c’est voler !
Arsène,
je n’ai pas le droit que l’on me nomme,
Car
mon berceau n’a pas reçu le titre d’homme !
Eh
bien ! pour remplacer ce nom où j’avais droit,
Je
veux me faire un nom qui relève de moi,
Je
veux avoir ma place, et que la poésie,
Nourrice
dont le sein m’allaita d’ambroisie,
Et
dont les chants si doux, hymnes consolateurs,
Ont
bercé mes chagrins, ont endormi mes pleurs,
Sacre
d’un peu de gloire et d’un peu de génie,
Moi,
l’homme-déshonneur, né d’une ignominie !
Tu
l’as voulu, voilà. — Tu comprends maintenant
Quelle
chose me pousse et m’entraîne en avant.
Oui,
je saurai prouver, si le sort me la donne,
Qu’un
front d’enfant trouvé va bien à la couronne.
Tu
comprends maintenant que menace et conseil
Ne
font rien, quand on a quelque motif pareil.
En
face de la faim, en face de la tombe,
Je
resterai, mon frère. Eh bien ! si je succombe,
Ainsi
qu’André Chénier montant à l’échafaud,
Qui
disait à Samson : Vous me tuez trop tôt !
Je
dirai, gravissant l’escalier de misère
Dont
la mort à l’hospice est la marche dernière :
Et
pourtant j’avais là quelque chose !
ARSÈNE,
ouvrant la porte de
gauche
Ami,
viens :
Cette
chambre est à toi, ce lit sera le tien.
HÉGÉSIPPE.
Comment ?
ARSÈNE,
souriant.
En attendant le Panthéon.
— La bourse,
Tu
ne dois pas, pour l’heure, avoir grande ressource,
Est
en communauté. — Tu l’as voulu. Le sort,
En
est jeté, mon cher, et puissé-je avoir tort !
HÉGÉSIPPE.
Oh !
merci. Tu verras, si j’arrive à la gloire,
Que,
chez moi, c’est le cœur qui me sert de mémoire.
UNE
VOIX EN DEHORS.
Amis,
chaque matin,
Savez-vous
ma prière ?
Je
dis à la misère :
Attends
jusqu’à demain !
ARSÈNE.
Ce
sont des voix d’amis qui montent l’escalier,
Et
qui d’un gai refrain ont soin de s’annoncer.
SCÈNE
II.
Les
mêmes, ARMAND,
ALPHONSE, PAUL.
ARSÈNE.
Eh !
c’est ce cher Armand ! Salut !
ARMAND.
Bonjour,
Arsène !
ARSÈNE.
Messieurs,
un vieil ami, que la fortune amène
De
sa province ici. Nous grandîmes tous deux,
Courant
les mêmes champs, jouant les mêmes jeux ;
Jumeaux
de far niente et de gaminerie.
Aujourd’hui,
de là-bas prenant sa course hardie,
Il
vient être poëte.
ALPHONSE.
Ah !
monsieur, parmi nous
Soyez
le bienvenu ! Nous voulons, comme vous,
Devenir
quelque chose, et, comme vous, nous sommes
Ce
qu’on est à vingt ans, des aspirants grands hommes,
De
bons et gais garçons, chantant aux mauvais jours,
Ne
dînant que parfois, mais espérant toujours.
Vous
ferez comme nous.
HÉGÉSIPPE.
Oh !
je vous remercie
De
me tendre la main.
ARSÈNE,
à Armand.
Que
fait ta flânerie ?
ARMAND.
Viens
donc à l’atelier, j’ai sur le chevalet
Un
tableau que je viens d’esquisser.
ARSÈNE.
Le
sujet ?
ARMAND.
Le
ciel, dès le matin, a mis pour la journée
Son
écharpe d’argent et sa robe azurée ;
L’eau
coule doucement ; des saules mi-pourris
Habillent
leurs vieux troncs de feuillages pâlis ;
Un
riche entassement de plantes amphibies,
De
nénuphars montés sur leurs feuilles vernies,
Et
de menthe touffue, et surtout de grands joncs,
Laissant
à la dérive aller leurs cheveux longs,
Frange
chacun des bords et fait un vert mirage ;
Un
pont miniature, un pont-neuf de village,
Trait
d’union en bois, dont l’air tout paysan
Et
les étais naïfs sont du dernier normand,
S’enlève
à l’horizon, en touches vigoureuses,
D’un
fond de peupliers aux ombres vaporeuses ;
Un
bonhomme aux bras nus pêche sur un bateau,
Et
l’écho babillard des battoirs rit sur l’eau.
HÉGÉSIPPE.
Et
vous aussi ?
ARMAND.
Mais
moi, j’encadre mes idylles.
ARSÈNE,
à Alphonse.
Et
toi, mon lazzarone aux ébauches faciles,
Ta
belle saltatrice au beau corps ondoyant,
Au
torse qui bondit et s’emporte en avant,
Ce
ravissant projet aux formes artistiques,
D’une
aristocratie et d’une grâce antiques,
Quand
l’achèveras-tu ?
ALPHONSE.
Je fume pour l’instant,
Mon
cher, si tu savais, un tabac du Levant
Jaune
comme de l’or, dont les spirales lentes
De
la pipe qui dort s’échappent indolentes !
ARSÈNE,
qui a disposé un flacon et des verres sur
une table.
Et
des toasts, messieurs, des toasts !
PAUL.
À
Béranger !
À
toi, grand chansonnier, qui sais toujours trouver,
D’un
crêpe ou d’un laurier décorant notre histoire,
Un
protêt pour la honte, un écho pour la gloire !
À
toi qui dis tout bas, pour égayer nos fronts,
Hier
fiers de victoire, aujourd’hui blancs d’affronts,
Catin,
la Liberté, le Champagne et Lisette !
À
toi qui dans tes vers, et Français et poëte,
Toujours
au second plan fais mugir le canon,
Toujours
au second plan passer Napoléon !
TOUS,
levant leurs verres.
Buvons
à Béranger, buvons !
ALPHONSE.
À
nos maîtresses !
À
vous qui nous cachez nos plus rudes détresses,
À
vous qui nous dorez d’un soleil de gaieté
Le
surnumérariat de la célébrité !
À
vous dont l’espérance escompte un temps prospère,
Et
dont le rire éclate au nez de la misère !
Élèves
sans orthographe et sans cupidité,
Aimant
notre jeunesse et notre pauvreté,
Rosalie
ou Marie, à vous, chères grisettes !
Ô
reines de nos cœurs, reines de nos chambrettes,
Beaux
rossignols d’amour, semant partout des chants,
Et
dans notre mansarde apportant le printemps ;
Complices
de nos punchs et sœurs de nos tristesses,
À
vous, à vous, je bois à vous !
TOUS,
sauf Hégésippe.
À nos maîtresses !
ARSÈNE,
à Hégésippe.
À
l’écart et l’air triste, ô mon bien cher rimeur,
Parle
donc un peu plus à ton verre, rêveur !
HÉGÉSIPPE.
Comme
un gladiateur, en entrant dans l’arène,
Qui
dit en regardant la loge souveraine :
Maître,
sois salué par ceux qui vont mourir !
Levant
son verre.
Je
bois à mon César, je bois à l’avenir !
1848.
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