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SILHOUETTES
D’ACTEURS ET D’ACTRICES.
_____ GEOFFROY.
Tout se débande dans la
maison : les domestiques s’insurgent, ils conspirent, ils vont
demander leurs comptes ; l’antichambre et la cuisine et
l’office refusent d’être plus longtemps complices des dettes du
maître ; ils refusent de jouer, comme des acteurs qu’on ne
paie plus. Les troupes tirent sur leur général. Les fournisseurs
veulent voir de l’argent, la fruitière se défie, le boucher
refuse la viande, le boulanger, en donnant le pain, tend la main, la
panique s’organise sur toute la ligne, le crédit bronche.
Arrive, en cette débandade, en ce Waterloo
d’intérieur, arrive sur le champ de bataille, en pleine panique,
en pleine fuite, arrive dans l’émeute de sa gens,
dans les brutalités de déficit, Mercadet, — non, Geoffroy. — Il
voit ses ressources enclouées et le terrain perdu. Dans cette grande
ruine, il n’a ni hésitation ni plissement de front, il rallie le
crédit d’un mot : en ordonnant ; il ramène ses
domestiques d’un geste : du geste d’un homme qui a de
l’argent.
Quel rôle et quel homme, ce Mercadet !
Vivre de ses dettes comme d’autres vivent de leurs revenus ;
se faire prêter de l’argent par ses créanciers, que dis-je ?
s’en faire offrir ; forcer des cœurs d’amis fermés à
triple verrou, faire
chanter la cupidité, crocheter les bourses rebelles, se tenir en
équilibre, cacher sa ruine, donner à dîner, habiller sa femme, en
appeler toujours du jourd’hui au lendemain, être toujours
espérant, toujours expectant, battre emprunt avec les larmes de sa
fille, rebondir de création en création, allécher comme un
prospectus, plaisanter à la Rothschild sans un sou, savoir jouer de
l’actionnaire comme d’une machine à argent, vendre et racheter
et revendre, violer la Fortune, faire la hausse, faire la baisse,
tromper, mentir, être vrai, paraître debout quand on croule, à
l’aise quand on déménage au Mont-de-Piété, tromper jusqu’à
son valet de chambre, faire sonner d’écus une caisse vide, marier
sa fille sur une banqueroute ! Et quelle comédie en cette
comédie ! Jouer tous les genres, même le pathétique !
sourire à tout, même aux insultes ! avoir la lèvre joyeuse,
une chaîne de montre, un habit noir frais, et la confiance
contagieuse !
Voyez-le en cette pièce du divin Balzac,
Geoffroy. Il s’est incarné en Mercadet le faiseur. Trois actes
durant, il est en scène ; trois actes durant, Geoffroy est le
cervier de génie, « tâchant à la fois d’être renard et
lion », selon la belle expression de machiavel. Trois actes
durant, Geoffroy change à chaque scène de masque, dans ce rôle
énorme du Protée débiteur. Dès la première scène : Mais
les fournisseurs ? — dit Virginie indécise. — Mercadet :
Hein ? quoi ? les fournisseurs ?... Vous me parlez des
fournisseurs le jour où se fait l’entrevue de ma fille et de son
prétendu ? — Quelle autorité de ton et de mouvement !
Il est assis sur un fauteuil, les deux jambes croisées, bien
allongé ; il a un bras appuyé sur la table, et il joue
nonchalamment avec un couteau à papier dont il se chatouille les
lèvres. — Mais les fournisseurs ? — Il tourne la tête sans
se déranger, comme à une impertinence et à une sottise. Et il
répond superbement, en levant un peu les yeux, avec un regard
d’empereur à qui on fait une objection : Hein ? quoi ?
les fournisseurs ?... Vous me parlez des fournisseurs le jour où
se fait l’entrevue de ma fille et de son prétendu ? Et ce
mot, comme il le disait à sa femme en regardant Virginie sortir :
Cette fille a mille écus à la caisse d’épargne qu’elle nous a
volés ! — Et cette trilogie des créanciers criards et
intraitables, Goulard, Pierquin, Violette, — la spéculation,
l’usure, la mendicité, — comme il leur chante à tous trois une
gamme différente ! Il faut nuancer le ton, changer d’air,
avoir trois sourires, des réticences ici, de l’attendrissement
là ; quel jeu ! Il faut, en ces trois scènes différentes,
être trois comédiens différents ! — Et la grande attaque au
Verdelin ! Rire en bonhomme, ramasser le chapeau de Verdelin et
le brosser en client, remonter à ces fredaines de vingt ans qui
referaient jeune un cœur d’usurier, avoir de la servilité, avoir
de l’amertume, simuler les émotions par le gosier et les larmes
par la voix, crier au suicide d’un air convaincu, glisser sur les
riens en grand comique, tout entier aux larges masses d’actions,
dire vite, brûler la scène et ne laisser ni paix ni trêve à ce
coffre-fort bloqué, traqué, ému, près d’une aumône ! —
Tout le long de la pièce, Geoffroy marche dans cette harmonie
tempérée d’intonation et de geste de mise aux drames de la
Bourse, de mise aux drames du xixe
siècle. Quelles manières posées, et quel air de fortune solide et
bien assise en tout son port dans son entrevue avec de la Brive !
L’honnête millionnaire qu’il faisait ce Geoffroy, et l’honnête
homme de beau-père ! Quelle aisance de poignées de main à
l’anglaise ! Le bel abandon ! L’œil limpide, la voix
coulante, l’affabilité facile, l’air insoupçonnable d’un
agent de change qui donne un bal pour partir en Belgique à minuit !
— Quelle fureur bridée, quelle sourde déception de colère, et
comme il avance, les dents serrées, vers le canapé où se carre de
la Brive ! — De Bourdillac ! — Monsieur ! Volé
comme à la Bourse ! — Puis, au dénoûment, quand tout arrive
au mieux chez le faiseur, et que la fortune lui revient avec Godeau,
l’explosion, et le hurrah, et la contorsion, et la suprême joie
que Geoffroy met à son : Je suis… créancier ! je suis
créancier !
Le soir où Geoffroy a joué Mercadet, —
Geoffroy a traduit Balzac.
POÉSIES
COMPLÈTES DE ARSÈNE HOUSSAYE. Paris, Victor Lecou. —
1852.
Ce qu’il faut, pour rendre
compte de certains livres, c’est avoir sur sa table six petites
glacières de vieux Saxe, sur leur plateau de porcelaine ; c’est
avoir sur ses murs une esquisse à l’huile, de Boucher, et un
dessin au crayon noir, relevé de sanguine, de Boucher ; une
marquise à la jupe bouffante, au sourire perlé, qui fait jouer un
éventail ; c’est avoir en petite bibliothèque de Boulle, de
Boulle lui-même, l’anecdote et le scandale et l’indiscrétion de
ce siècle, qui fut indiscrétion, anecdote et scandale : la Vie
de Frétillon, le Gazetier
cuirassé et le Chroniqueur
désœuvré ; c’est encore
avoir en son carton, tout près d’un guéridon en bois de rose,
pochades de Watteau et croquis d’Oudry.
Pour nous, notre vieux Saxe et notre vieux
Boulle et notre vieux Boucher, et nos glacières et toutes nos
vieilleries, voilà nos seuls titres à rendre compte d’un livre de
M. A. Houssaye.
-
Voyez
là-bas sur la montagne verte
-
Le vieux moulin qui tourne si
gaîment.
-
Ami, un vieux moulin sur la
montagne ! Un vieux moulin ! Un vieux moulin aux grandes
ailes qui font des ombres fugitives et obstinées sur les épis
d’or ! Un vieux moulin pour lire « Homère et par hasard
Théophile de Viaud. » Un vieux moulin pour mettre d’heure en
heure le nez à la lucarne, voir les moissonneurs hâtifs, et le ciel
qui sourit aux champs, pour voir un coin de Théocrite ! Un
vieux moulin, pour, à son tic-tac, se faire bercer le cœur !
Ami, le poëte l’eut, le moulin sur la montagne.
-
Voyez
là-bas sur la montagne verte
-
Le vieux moulin qui tourne si
gaîment.
-
Et comme, un de ces beaux
jours où la nature fait deux amoureux pour deux jeunes gens qui se
rencontrent, il regardait par la lucarne, il vit, quoi donc ? le
paradis
de sa vingtième année ; et son violon aimé se mit à chanter
tout seul son jeune cantique :
-
Si l’image
de Dieu sur la terre est visible,
-
C’est sur le front rêveur des
filles de vingt ans,
-
Qui ne savent encor lire que
dans la Bible
-
Et n’ont que de l’azur dans
leurs yeux éclatants.
-
Puis le poëte devient
embrasseur, et à chaque coup d’aile le moulin emportait au ciel
une parole d’amour. Vint l’orage ; le moulin lutta ;
Claudine mourut. Pendant qu’on l’enterrait, dit le poëte,
-
Je
décrochai ce violon triste et tendre,
-
Et le doux air que Claudine
aimait tant,
-
Je le jouai, le cœur tout
palpitant :
-
Son âme sainte a passé pour
l’entendre.
-
-
Je le
jouai, mais au dernier accent
-
Mon cœur bondit comme un daim
qui se blesse ;
-
Je me perdis si loin dans ma
tendresse
-
Que je brisai mon violon
gémissant !
-
Ah ! pourquoi du temps
qui suivit n’avoir point fait parler vos sonnets mutins ?
Quand vous avez quitté le moulin pour la comédie ambulante,
pourquoi n’avez-vous pas honoré de quelques vers votre bohémienne
vie, et n’avoir pas chanté autant que Ninon, l’orpheline du
Manoir de la forêt ? Votre muse a-t-elle si bien dormi sur les
matelas durs de ce monde Scarron ? ou d’aventure, Nina
n’aime-t-elle point les vers ?
Et puis, adieu moulin ! Et puis, adieu
comédiens. C’est Paris.
-
N’ayant
rien dans le cœur, j’allais à l’aventure,
-
Un soir de carnaval ; je
rencontrai Ninon
-
Cherchant un Desgrieux, — la
folle créature !
-
Je lui donnai mon cœur comme
l’autre à Manon.
-
Veux-tu m’aimer ? lui
dis-je en prenant sa ceinture ;
-
Veux-tu m’aimer huit jours ?
— Huit jours ? ni oui, ni non.
-
L’amoureuse créature que
cette Ninon, monsieur ! et comme elle aimait à vivre en de
belles robes ! Elle ne laissait ni son cœur, ni sa lèvre en
friche, en ses passions rapides !
-
Ninon est
jeune. Elle a vingt ans.
-
Son sein est taillé dans le
marbre.
-
On y voit un fruit de printemps,
-
Plus doux que n’en porte aucun
arbre.
-
Ninon est belle ; elle a
des yeux
-
Noirs comme l’aile de la pie,
-
Des cheveux ondés et soyeux
-
Comme la Vénus accroupie.
-
Ninon est bête ; elle
n’écrit
-
Que dans son cœur, un mauvais
livre ;
-
Mais sa bouche a bien plus
d’esprit
-
Que la grappe qui nous enivre.
-
Le beau caprice, monsieur, où
le poëte mit un amour !
-
Ninon, te
souviens-tu de nos folles journées ?
-
Que nous avions le cœur près
des lèvres, Ninon !
-
— Ah ! oui, je me
souviens des fraîches matinées
-
Où je chantais si faux la
chanson de Mignon.
-
Des pastels, voulez-vous,
monsieur, que nous passions aux tableaux du poëte ? Aimez-vous
Brauwer, aux pinceaux taverniers ?
-
Il est une
claire fontaine,
-
Qui murmure nonchalamment,
-
Non loin d’un cabaret flamand.
-
-
Le soir,
dès que l’ombre incertaine
-
A jeté ses voiles flottants
-
Sur la vieille épaule du
Temps ;
-
-
Quand
l’abeille rentre à la ruche,
-
La Flamande, portant sa cruche,
-
Y va rêver à son amant.
-
-
Son amant
dans l’ombre incertaine
-
Vient s’enivrer à la
fontaine,
-
Bien mieux qu’au cabaret
flamand.
-
Voulez-vous un Ruysdaël
mouillé de rosée ?
-
Dans les
prés reverdis le troupeau reposait :
-
Le jeune pâtre chante et
sculpte une quenouille,
-
La vache, qui nous voit, jette
un regard distrait,
-
Le grand bœuf nonchalant
sommeille et s’agenouille.
-
-
À deux pas
du troupeau, par les chiens arrêté,
-
Sous le pommier en fleurs que
fait neiger la bise,
-
Une blanche génisse au beau
flanc tacheté
-
Nous regarde passer, curieuse et
surprise.
-
— Mais, monsieur, comment
diable faites-vous la critique d’un livre ? — Monsieur, je
la fais comme je peux. — Voilà cinq minutes que je vous lis, et je
n’ai pas encore vu deux phrases ensemble. C’est qu’elles vont
toutes seules, monsieur. — Vous ne m’avez pas raisonné tant
seulement d’un mot sur la poésie en général, et sur les poésies
d’Arsène Houssaye en particulier. — Monsieur, je n’ai lu ni
l’Art et science de rhétorique
pour faire rigmes et ballades, ni
l’Art de poétique,
par Cl. De Boissière, ni l’Art
poétique français, par Th.
Sibillet, ni le Traité de la
poétique française, par Mourgues,
ni la Poétique française,
par Marmontel ; je compte les lire la semaine prochaine, et les
citer au plus tard le 15 octobre. Pour ce qui est de mon jugement sur
les poésies d’Arsène Houssaye, j’aime mieux vous donner
celui-ci d’un de ses amis intimes, qui le connaît comme lui-même.
« La critique aurait beau jeu avec notre poëte : il
sacrifie un peu trop à l’esprit et au tour ; sa gaieté n’est
pas toujours de bon aloi, sa tristesse ne touche pas souvent le
cœur ; il répand çà et là des roses fanées dans son
style ; tout en voulant unir le sentiment austère de Lesueur à
la fantaisie galante de Watteau, il arrive parfois qu’il n’aboutit
à rien de bon ; mais au moins, s’il manque son coup, ses
flatteurs, — qui n’en a pas ? — lui disent que ce n’est
pas sans un certain charme. On lui reproche de trop se mettre en
scène, de parler de lui à tort et à travers. — Mais dans
l’histoire de tout homme politiquement doué, n’y a-t-il pas
l’histoire de tout le monde ? Le poëte est une harpe éolienne
qui répond à tous les vents, une étoile qui brille dans toutes les
ténèbres, une onde pure qui réfléchit le jour et la nuit, l’arbre
et le nuage, la primevère et le rocher, Dieu et le passant. L’âme
du poëte, c’est un miroir que la nature promène le long du
chemin. » Edmond et Jules de Goncourt.
CHRONIQUE DES
THÉÂTRES. THÉÂTRE-FRANÇAIS.
Stella,
Comédie en quatre actes, par
M. Francis Wey.
Depuis quelque temps, la
Comédie-Française en veut aux femmes artistes. Il n’est sorte
d’enseignement qu’elle ne donne à la jeunesse pour fuir leurs
chaînes dangereuses. Une femme artiste, nous apprenait l’autre
jour le Sage et le Fou, une femme qui peint des fleurs,
-
C’est
Vénus tout entière à sa proie attachée.
-
Une femme artiste, nous dit la
comédie nouvelle, une femme qui chante, et qui a de la voix, et qui
chante bien, une femme artiste, jeunes gens, empêche les mariages
d’argent.
Je sais bien que M. Francis Wey a paré la
sirène de tous les agréments de l’esprit, de tous les dévouements
du cœur. Il l’a faite chaste, il l’a faite résignée à tous
les sacrifices. Il lui a mis une couronne d’épines pour la rendre
intéressante. Il lui a donné le talent de la Grizi et l’amour de
la Thisbé ; mais n’importe ! toute la comédie est
écrite pour prouver à tout mari surnuméraire qu’une maîtresse
qui a un piano est mille fois plus dangereuse qu’une maîtresse qui
n’en a pas, et que, si parfois on se débarrasse à grand’peine
d’une femme qui n’a pas de voix, on ne se débarrasse jamais
d’une femme qui a de la voix, de la méthode et du talent. Stella
pourrait s’appeler l’École des
amants de cantatrices. J’y mènerai
l’un de mes amis.
Au reste, la comédie est à deux fins :
elle a encore été écrite pour prouver que les diplomates allemands
sont bons pères naturels.
Cette comédie est ingénieusement terminée
par quatre tableaux vivants à chaque tombée de rideau :
Fin du premier acte. Premier tableau.
L’étonnement mêlé de douleur et d’un rien de dépit ;
figuré par Mlle
Fix et Mme
Bonval ;
Fin du second acte. L’abandon ; Ariane à
Bade ; figuré par Mlle
Madeleine Brohan seule.
Fin du troisième acte. Les serpents de la
jalousie ; figuré par la même.
Ces trois motifs sont amenés par le
rendez-vous de deux amours dans le cœur de Philippe de Valençay.
L’un de ces amours a nom Stella ; c’est une sorte de Sylvia
immaculée, qui chante pour les pauvres et pour elle, et qui galope
les eaux sans accompagnateur. L’autre s’appelle du doux nom de
Delphine. Delphine a une dot, de beaux yeux, un cœur nubile et l’âge
du mariage.
M. de Valençay va épouser Delphine. Il
apprend qu’il est ruiné. Stella vient à passer, et il s’en va
avec elle. Une fois qu’il est avec Stella, un père incognito de
Stella lui fait restituer sa fortune par un tiers. Delphine se met à
passer, et Valençay s’en va avec Delphine.
Nous ne faisons pas ici procès à l’intrigue.
Toute intrigue est bonne, et la plus vieille et la plus usée est la
meilleure ; à moins encore qu’il n’y ait pas d’intrigue
du tout, ce qui vaut mieux pour nous que toutes les intrigues
possibles. — La comédie ne se fait valoir ni par les situations
que tout le monde pourrait trouver, ni par les caractères, que tout
le monde pourrait tracer, ni par le style, que presque tout le monde
pourrait signer. Et c’est malheureusement avant tout une tentative
dramatique sans originalité.
Je demande formellement à M. Maillard de
changer de cravate.
Mlle
Madeleine Brohan a vaillamment joué.
La silhouette du jeune homme du monde est
drôlement esquissée par Monrose.
Mlle
Fix, la grâce est chez vous à l’état d’habitude.
Provost s’est montré, dans le rôle de
l’Étang, banqueroutier affable et d’excellentes manières. Il a
été une fois de plus ce qu’il est, ce qu’il est toujours :
un grand et rare comédien.
Geoffroy est sobre, distingué, ému, digne de
lui, digne de la Comédie-Française.
Edmond et Jules de Goncourt.
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