Revue encyclopédique - Revue littéraire - 15 mars 1895

LE BANQUET GONCOURT

Les empêcheurs de dîner en rond durent en faire leur deuil dès que l’écho leur parvint de cette soirée unique : ce fut, en effet, une fête délicate de l’esprit, exquise, en sa libre allure, et ceux-là mêmes s’y seraient laissé prendre que toute glorification des Goncourt devait mettre en posture, — un peu puérile aujourd’hui, — d’insurgé. J’imagine volontiers que la joie enfantine du maître se manifesta le soir même, et que, ce vendredi 1er mars 1895, sur le coup de minuit, M. Edmond de Goncourt s’offrit, en son grenier d’Auteuil, le régal supplémentaire d’épingler quelques notes à son Journal

Donc le banquet eut lieu (1), auquel prirent part trois cents convives. Peut-être la réunion aurait-elle gagné à un moindre mélange, mais aussi le spectacle eût-il été moins « humain »… Si le maître a trouvé des imitateurs, m’est avis qu’on ne s’ennuiera pas dans quelque quart de siècle à la lecture de certains Mémoires, et à la date de la fête Goncourt.

Mais nous voudrions noter ici, pour les ramasseurs d’anecdotes, ces bouts de cigares de l’histoire, le tort qu’on eut de se livrer au jeu des comparaisons entre ce banquet et tel banquet précédent. Ces sortes d’agapes ne s’excluent nullement l’une l’autre, chacune d’elles conservant son caractère propre. En l’espèce, pourquoi ne pas remarquer que les initiateurs de la fête Goncourt — MM. Roger Marx, Gustave Geffroy et Carrière — en avaient eu l’idée dès le mois de juillet 1894, ce qui lui donnait une manière de priorité sur la fête Puvis de Chavannes. C’est uniquement par déférence — excessive, à mon gré — envers le peintre de Ludus pro patria qu’on fit attendre son heure au romancier de La Fille Élisa et de Germinie Lacerteux.

M. R. Poincaré, ministre de l’Instruction publique, présidait au banquet Goncourt. Il s’acquitta de sa tâche avec tant de bonne grâce, tant de sérénité et de tact, que l’assistance, d’abord déroutée, puis attentive, enfin sympathique, poussa jusqu’à l’emballement. Le premier, il prit la parole, et le plus bel éloge qu’on puisse faire de son discours, c’est encore de le publier in extenso (2).

Je ne sais, mon cher maître, si en vous imposant ce soir un voisinage gouvernemental, je n’ai pas mis à trop rude épreuve votre chère et noble indépendance. Pour dissiper les scrupules que j’avais à vous infliger l’ennui de cette nouveauté, M. Alphonse Daudet et M. Zola ont bien voulu me dire que, fort ignorants eux-mêmes des aventures parlementaires, ils avaient eu l’intention de me convier à ce banquet sans savoir si, par hasard, je n’étais pas ministre, et tout bien pesé, ils n’ont pas vu dans mes fonctions actuelles un empêchement dirimant au maintien de leur gracieuse invitation.

Je les remercie de m’avoir fourni l’occasion de m’associer à cette libre manifestation de vos admirateurs ; et je vous assure, mon cher maître, qu’aux sympathies si chaudes et si spontanées qui vous entourent, je ne songe pas à mêler la froideur et l’artifice d’un vain hommage officiel.

Vous me permettrez cependant de vous expliquer en deux mots pourquoi, invité à cette fête comme ami, j’y ai, sans hésiter, amené avec moi quelque chose du gouvernement.

C’est que le gouvernement a conscience qu’il se serait diminué s’il n’avait pas pris sa part de cette démonstration réparatrice ; c’est qu’en vous apportant ce soir un témoignage tardif de sa haute estime, il ne fait qu’accomplir un devoir et payer cette dette de reconnaissance qu’une nation contracte vis-à-vis de ceux qui, par les trouvailles d’un art vivant et personnel, ajoutent à la gloire commune.

Le temps est passé des théories de commande, des esthétiques obligatoires et des littératures d’État. Dans une démocratie qui vit de liberté et que féconde la variété des inspirations individuelles, le gouvernement n’a rien à édicter, rien à diriger, rien à entraver ; il n’a qu’à remplir, s’il le peut et comme il le peut, un rôle discret d’amateur clairvoyant, respectueux des talents sincères, des belles passions et des volontés généreuses.

Or, de talent plus fier que le vôtre, de passions plus ardentes que celles que vous avez nourries, de volonté plus souveraine que celle que vous avez appliquée aux recherches d’art et au travail de style, il me paraît difficile d’en découvrir ; et c’est vraiment, par excellence, une vie d’écrivain, que cette vie si droite et si pleine, que vous aviez commencée à deux, côte à côte, dans la joie de vos cœurs jumeaux, et que vous avez reprise, avec une vaillance inébranlée, dans la mélancolie de la solitude.

Vous n’avez vécu que pour les choses de l’intelligence ; et, non content de chercher dans l’observation de notre coin de nature et d’humanité matière à remplir vos études et à satisfaire la curiosité de vos goûts, vous avez élargi l’horizon contemporain, vous avez ressuscité le charme d’un siècle disparu, vous avez rapproché de nous la fantaisie et le mystère des arts lointains.

Vous n’avez eu de plus chère ambition que de savoir et de voir ; vous n’avez connu de plus exquises jouissances que celles des idées, des lignes et des couleurs ; et les sensations que vous avez aimées, vous les avez voulu rendre avec l’effort de signes nouveaux et le frémissement de notations personnelles. Vous avez assoupli votre langue aux exigences complexes de la peinture des réalités observées, aux nécessités changeantes des traductions d’une âme, au caprice même des impressions les plus fugitives. Vous avez mis dans votre style les jeux de la lumière, les frissons du plein air, la coloration et la vie du monde extérieur ; vous y avez mis aussi les secousses intérieures, les émotions subtiles, les troubles secrets du monde moral ; et désireux de retenir dans votre phrase un peu de ce qui luit ou de ce qui vibre, de ce qui aime ou de ce qui souffre, vous avez demandé à la richesse et à la diversité des formes l’art d’exprimer fidèlement la multiplicité infinie de la nature.

Le gouvernement se devait à lui-même, mon cher maître, de s’incliner devant votre existence et devant votre œuvre ; et, si indifférent que vous soyez aux attestations officielles, il a pensé que vous ne refuseriez pas une distinction que vous n’avez jamais sollicitée que pour d’autres. M. le Président de la République a bien voulu, sur ma proposition, vous conférer le grade d’officier de la Légion d’honneur et vous accepterez que je vous en remette cordialement les insignes.

À vrai dire, ce discours, salué de bravos enthousiastes, fut une révélation, — non pour quelques-uns qui savent le philosophe qu’est M. Poincaré, — du moins pour la plus grande partie de l’auditoire… Et voilà comment il suffit d’une bonne action (la rosette d’officier) et d’un très beau discours pour conquérir, en un soir, une vraie popularité dans le milieu le plus réfractaire.

M. G. Clemenceau, qui oublie heureusement dans les lettres les laideurs de la politique, écrivit un article tout à fait remarquable, et dont il nous donna lecture. Nous en aurions certainement goûté mieux la saveur si la voix eût été moins oratoire.

Lisez la conclusion qui valut à M. Clemenceau de vifs applaudissements :

Le paysan retourne le sol, l’ouvrier forge l’outil, le savant calcule, le philosophe rêve. Les hommes se ruent en des chocs douloureux pour la vie, pour l’ambition, la fortune ou la gloire. Mais le penseur solitaire, écrivant, agissant, fixe leur destinée. C’est lui qui éveille en eux les sentiments engendreurs des idées dont ils vivent et qu’ils s’efforcent de fixer en des réalités sociales. C’est lui qui, de ses formules obsédantes, pousse à l’action, aux grandes réparations d’équité, de vérité. C’est lui qui les enchante de la jeune espérance dont l’appel enivrant les entraîne à la vie. C’est lui qui les console, les refait et, pansant les blessures, conduit le vaincu d’hier à la victoire de demain. Il ouvre les cœurs, pénètre la vie, révèle l’homme à l’homme et véritablement le crée dans sa conscience et dans sa volonté.

Avoir été pour un jour, pour une heure, l’ouvrier d’une telle œuvre, suffirait à la gloire d’une vie.

Qu’à ce titre les Goncourt soient salués par nous, honorés par tous, au premier rang de ces bons travailleurs par qui la République de beauté sociale se fera quelque jour de la République des lettres.

Très ému, M. Émile Zola parle ensuite, et en honnête homme :

Je ne puis, mon vieil ami, que vous apporter trente années d’amitié fidèle. Il y a trente ans que j’ai écrit sur vous un premier article, à propos de Germinie Lacerteux. Il y a trente ans que j’ai assisté en jeune volontaire enthousiaste à votre bataille d’Henriette Maréchal. Et pendant ces trente années, que de souvenirs j’évoquais, quelle lutte ininterrompue, que de triomphes aussi, que d’heures de belle passion littéraire vécues ensemble ! Nous étions quatre ; notre cher et grand Flaubert dort depuis des années dans la tombe ; et il n’y a plus ici, à vos côtés, que Daudet et moi, qui nous unissons dans la même émotion heureuse pour fêter votre gloire. Trente années de vie littéraire commune se sont écoulées, et nous voici, au travers de toutes les querelles, la main dans la main encore, vous acclamant comme un des grands aînés qui ont fécondé nos cerveaux…

Je bois à votre frère, mon vieil ami, je bois à vous, je bois à votre gloire.

J’ouvre une parenthèse. Avez-vous remarqué qu’il y a toujours, et dans toute assemblée, un homme pour prendre la parole au nom d’une collectivité quelconque, dont on serait fort en peine d’exhiber le mandat ? Aux funérailles de Victor Hugo, M. G. Laguerre parla, du reste en très beau langage, au nom de la jeunesse des Écoles, nul ne sut jamais pourquoi ni comment, — pas même M. Laguerre. M. Jean Aicard, qui est de Toulon, se leva, lors du banquet Puvis de Chavannes, au nom des artistes marseillais ! Lesquels ? On s’attendait, l’autre soir, à un second discours de M. Aicard ; mais ce fut un poète, comme lui, qu’on nous dit parler… au nom de la Jeunesse littéraire. Laquelle ? Celle qui n’applaudit point aux Mémoires d’un homme de qualité, peut-être ? J’aime M. Lucien Descaves qui, rendant compte du banquet, écrivait ces lignes : — « M. Henry de Régnier parle au nom de la Jeunesse assagie… Je regarde Alphonse Daudet. C’est le seul moment de la soirée où je trouve exacte sa ressemblance avec le Christ pardonnant à ceux qui l’ont offensé. »

Après M. Henry Céard, qui témoigne en termes élevés de l’affection de ses amis pour M. Edmond de Goncourt, et qui demande à celui-ci de nouveaux chefs-d’œuvre, M. Alphonse Daudet porte un toast vibrant et ému :

Encore un toast, le dernier, que je demande à porter assis ; il n’en sera que plus intime, plus conforme à notre amitié, mon cher Goncourt. Cette amitié ne finira qu’avec nous, et voici plus de vingt ans qu’elle dure. C’est un bel âge, surtout pour une amitié d’hommes de lettres, une sympathie de papier. Tout d’abord, en effet, notre liaison ne fut que cela. De ma part, une admiration ingénue pour le grand inventeur que vous étiez déjà depuis longtemps à notre première rencontre, — mon devancier, mon chef de file (nous ne disions pas encore : « Cher maître », en ce temps-là ; mais si le mot nous manquait, nous avions la chose et peut-être plus qu’aujourd’hui le respect de la chose). Vous, simple et naturel comme toujours, souriant à ce nouveau dont un certain tour ironique de l’esprit, une frénésie de joie et de jeunesse vous rappelaient par instants, disiez-vous, la chère image toujours inoubliée.

Ah ! Goncourt, ce qu’ils étaient pour nous, ces dimanches de la rue Murillo, qui nous réunissaient à quatre ou cinq dans le petit salon de Flaubert, votre maison d’Auteuil vous semblant encore trop triste pour recevoir vos amis !...

Mais je m’arrête. Toutes ces belles minutes de notre temps d’apprentissage, Zola vient de les évoquer avec une éloquence, une conformité de sentiments, de souvenirs, qui, pendant que je l’écoutais, faisait battre mon cœur à l’unisson du sien, donnait presque à mes lèvres le mouvement de ses lèvres. Pourtant mon verre est là ; j’ai un toast à porter et le voici :

On a bu à l’homme illustre, à Goncourt romancier, historien, auteur dramatique, écrivain d’art.

Moi, je voudrais boire à mon ami, au compagnon fidèle et tendre qui m’a été bien bon pendant des heures bien mauvaises.

Boire à un Goncourt intime, que nous sommes quelques-uns à connaître cordial et doux, indulgent et naïf, un naïf aux yeux aigus, incapable d’une pensée basse et d’un mensonge, même dans la colère.

Boire enfin à l’honnête homme dont on peut dire, sans peur d’être démenti, qu’entre tous nos grands écrivains de France il est, depuis Jean-Jacques, celui qui a le plus passionnément aimé et cherché la vérité !

On acclame à la fois Goncourt et Daudet.

Puis M. de Goncourt, dont la voix tremble, prononce les dernières paroles :

Messieurs et chers confrères de l’art et de la littérature, a-t-il dit, je suis incapable de dix mots [sic] devant dix personnes… et vous êtes beaucoup plus de dix. Je ne peux donc que vous remercier en quelques brèves paroles de votre affectueuse sympathie, et vous dire que cette soirée que je vous dois, me paye aujourd’hui de bien des duretés et des souffrances de ma carrière littéraire.

Merci encore une fois.

La fête a pris fin.

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Nous nous en voudrions de ne pas citer, fragmentairement au moins, quelques lettres de regrets envoyées par les absents aux organisateurs. Celle-ci, d’abord, de M. Sully Prudhomme :

Je me vois avec un vif chagrin privé d’assister au banquet qui va réunir dans un hommage unanime d’affection, de respect et d’admiration les amis et les confrères du maître écrivain Edmond de Goncourt. Je vous serai très obligé de vouloir bien lui témoigner de ma part combien mes sentiments pour lui communient avec les leurs. Si, comme je le pense, vous ne craignez pas de mêler à une fête où le cœur a tant de part un souvenir attristé mais cher à tous, dites-lui encore, je vous en prie, avec quelle piété, en célébrant son nom, je me rappelle celui qui partageait, avec ses premiers travaux, le laurier dont il fait, solitaire aujourd’hui, fidèlement croître si haut et si droit la tige par tous deux plantée.

Voici, maintenant, comment M. Laurent Tailhade, malade, s’exprime :

L’incomparable artiste auquel nous devons tant de précieux renseignements, l’écrivain dont l’existence vouée tout entière au service du Beau fait voir un si magnifique exemple de courage et de dignité professionnelle sera demain applaudi par quiconque a souci des lettres dans le temps où nous sommes. Ce m’est un vif chagrin de ne pouvoir unir à ces louanges le modeste hommage de mon admiration et de mon respect ; mais la maladie, qui sépare ceux qu’elle touche de la communion des vivants et leur fait déjà faire l’apprentissage de la mort, défend que je prenne ma part d’une fête à laquelle il est vraiment si glorieux de se voir associé.

M. Jules Claretie dit de son côté : « J’avais des cheveux blancs quand je défendais Germinie Lacerteux et applaudissais Henriette Maréchal contre les siffleurs. Maintenant, avec la barbe grise, je reste fidèle à l’affection de celui qui n’est plus et à l’admiration de celui que les lettres saluent ce soir. » Puis, ce sont encore des lettres, des télégrammes de MM. de Baudot, Albred Bruneau, Felice Cameroni (de Milan), Puvis de Chavannes, François de Curel, Paul Déroulède, Émile Gallé, Emmanuel des Essarts, Paul Eudel, Ph. Gille, Helleu, Isambert, G. Larroumet, Paul Marguerite, Mevisto, Marcel Prévost, Alfred Stevens, André Theuriet, etc. Des artistes de Hollande, une adresse où il est dit : « L’œuvre de Goncourt est la genèse de la prose du xxe siècle. Notre art, du reste, doit apprendre de Goncourt ce que c’est que la pure écriture. » De M. Georges Brandès, un télégramme ainsi conçu : « Tous les écrivains scandinaves sont avec moi quand je crie : Gloire au maître initiateur. » De Milan, cet autre : « La Famiglia artistica qui, depuis longtemps, admire votre œuvre et jouit maintenant de votre triomphe, heureuse de fraterniser avec l’élite du monde intellectuel de France, acclame en vous l’écrivain peintre, l’artiste des idées, des images et de la parole. » De Naples, M. Vittorio Pica télégraphie : « Veuillez présenter mes hommages à Edmond de Goncourt, l’auteur hautain et génial de l’œuvre la plus exquisement et nerveusement moderniste du siècle. »

Enfin, dernier et suprême hommage, un fleuriste de Harlem, M. Krelage, demande qu’on veuille bien lui permettre de donner le nom de Goncourt à une jacinthe. Voici ce qu’il écrit :

Les oignons des jacinthes se trouvent en ce moment dans la terre, couverts d’un tapis de neige. Si la faveur demandée peut m’être accordée, je me propose de vous envoyer au mois d’avril prochain, quand la résurrection des fleurs se sera accomplie, quelques-unes de ces nouveautés, vous priant de choisir vous-même celle qui aura l’honneur de porter votre nom.

J’espère que, plus tard, cette fleur se multipliera et qu’elle pourra être envoyée dans toutes les parties du globe pour répéter ce noms à tous ceux qui l’estiment et qui lui rendront hommage dans les siècles à venir comme de nos jours.

… Nous saurons tout de cette fête, dans quelques années, lorsque M. Ed. de Goncourt aura délivré à Charpentier le bon à tirer du Journal, année 1895. Combien, parmi les convives de l’autre soir, qui l’attendent déjà avec impatience ou effroi ? Le plus drôle serait que le maître eût laissé en blanc cette journée du 1er mars. Quel soulagement pour quelques-uns ! Mais hélas ! pour nous qui comptons les coups, quelle désillusion !

Henry LAPAUZE.

(1) Les vers de M. de Montesquiou publiés par la Revue Encyclopédique furent dits par Mme Sarah Bernhart à la soirée qui suivit le banquet, et qui eut lieu le dimanche 3 mars, chez M. Charpentier, en l’honneur de M. Edmond de Goncourt.

(2) M. Poincaré, qui avait improvisé son discours, nous a fait l’honneur de le reconstituer pour la Revue Encyclopédique. Avec les convives du banquet Goncourt nos lecteurs ont la primeur de ce beau document littéraire.